Pékin 2008 - Riner: "Je ne m'en tire
pas trop mal"
Eurosport - ven,
15 août 21:35:00 2008
A 19 ans seulement, Teddy Riner
goûte au bronze olympique. Si le colosse français de
123 kg ambitionnait une toute autre couleur de métal, il
s'estime satisfait et vise déjà le titre
suprême aux Jeux de Londres en 2012.
Quel est le sentiment qui prédomine après
cette médaille de bronze qui aurait pu être d'un autre
métal...
Teddy Riner: J'éprouve une petite déception parce
que je n'aime pas perdre sur une pénalité (en quart
de finale face à l'Ouzbek Tangriev), mais je reste
très content. Ca a été une grosse
journée. Après ma défaite, j'étais
énervé. Mais je me suis bien remis dedans. J'ai tout
lâché et tout essayé. Je n'ai aucun regret
parce que je suis junior et que je n'ai que 19 ans. Je suis
même assez fier de ça. J'ai échoué, mais
je m'en tire pas trop mal.
Vu votre statut de champion du monde en titre et votre
ambition, vous étiez quand même arrivé ici avec
le titre olympique dans le viseur ?
T.R. Déjà, je suis arrivé ici sans penser
à mes titres. J'avais tout mis derrière. J'estime que
je n'étais qu'un challenger car nous étions quatre
mecs au monde à pouvoir monter sur le podium. J'étais
venu pour l'or. J'ai eu le bronze. Voilà, c'est
derrière. C'est mieux que de ne rien avoir. Je suis content
d'être monté sur le podium.
Que vous êtes-vous dit au moment d'entrer sur le
tapis pour la médaille de bronze ?
T.R. Vous voulez vraiment que je vous le dise ? Vous
l'écrirez, alors ! Bon, je me suis dit : "Pose tes couilles
sur le tapis !"
Etiez-vous contracté au moment de débuter
votre premier tournoi olympique ?
T.R. Je n'étais pas crispé. Je n'avais pas non
plus énormément de stress. J'avais plutôt le
trac et j'étais surtout impatient. Je voulais bien faire et
être précis, histoire de ne pas avoir de regrets. Au
final, c'est passé même s'il y a eu deux
journées en une. Une, le matin, difficile. Et l'autre,
beaucoup plus relâché, l'après-midi.
Que vous a-t-il manqué pour surmonter l'obstacle
Tangriev en quart de finale ?
T.R. J'ai beaucoup appris au cours de ce combat. Je n'ai pas
envie de devenir un combattant qui use du vice ou de la ruse. La
prochaine fois, j'opterai donc davantage pour l'attaque. Ce sera
à moi de faire un ippon pour ne pas m'exposer aux
décisions de l'arbitre car j'ai remarqué que
l'arbitrage joue beaucoup dans ce genre de compétition.
Tangriev a été malin et l'arbitre est tombé
dans le panneau.
Plus globalement, que retiendrez-vous de ces Jeux
Olympiques ?
T.R. Les Jeux, c'est le sommet. C'est une expérience
super enrichissante. Maintenant, je sais à quoi m'attendre.
La différence avec les Mondiaux, c'est qu'ici, les petits
pays ne lâchent rien. Tout le monde joue sa vie. A mon retour
de mes vacances, je vais travailler sur tout pour être plus
fort et plus précis encore. Je ne vais rien lâcher. Je
me remettrai au travail pour aller chercher lors de la prochaine
Olympiade une autre couleur de métal. Pour les Jeux de
Londres, je serai plus fort et plus précis. Il n'y a aucun
souci de ce côté-là.
A quoi pensiez-vous sur le podium ?
T.R. Rien. J'avais le regard vide. J'étais content. C'est
tout. Je voyais juste David (Douillet) dans les tribunes me
demander de sourire un peu. Et puis, j'ai dit au Japonais (Ishii)
que la prochaine fois, cette médaille d'or, elle sera pour
moi.
Sur ce même podium, vous avez montré une
photo : de qui s'agissait-il ?
T.R. De Frédéric, qui est à la fois mon
meilleur ami et un copain de club. Il est atteint d'une grave
maladie. J'avais promis que je ramènerai la médaille
pour lui. Je l'ai fait. Et je suis très content qu'il soit
monté avec moi sur le podium. C'est les Jeux, on peut faire
un peu ce qu'on veut ! J'ai montré que ce ne sont pas les
Chinois qui décident ! On ne va pas me la faire à
moi
Qu'allez-vous faire à l'issue de ces Jeux
?
T.R. Depuis les Championnats du monde (2007), je n'ai pas eu
beaucoup de vacances. Et depuis les Championnats d'Europe, je n'ai
pas beaucoup arrêté. Je vais donc prendre de bonnes
vacances. A mon avis, vous me trouverez sur la mer avec un jet ski
ou sur un bateau. Ca va être le paradis. Mais là, j'ai
surtout envie de manger !
Propos
recueillis par notre envoyé spécial à
Pékin, Gérald M
source : http://fr.sports.yahoo.com